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cp/Mineurs isolés étrangers : vers une évolution de l’accueil ?

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France terre d'asile,

Paris, le 13 mars 2018,

 

 

À la demande du premier Ministre, une mission d’expertise a été menée depuis la fin de l’année 2017 sur les mineurs isolés étrangers (MIE), dont les conclusions ont été récemment présentées.

Au regard d’une première note diffusée au mois de janvier, deux options de prise en charge semblaient se profiler : soit une prise en charge uniquement financière de l’évaluation, soit la mise en place d’un système interdépartemental global qui ferait de l’État le décisionnaire en matière de protection des mineurs isolés étrangers.

Hier, le premier Ministre a rencontré Dominique Bussereau, président de l’Assemblée des départements de France, pour échanger avec lui sur cette question. L’État semble maintenir les compétences actuelles des départements, en s’engageant à accroître les capacités de mise à l’abri, à modéliser l’évaluation pour permettre une harmonisation nationale, à protéger dès le premier accueil les jeunes « manifestement mineurs », et à éviter les réévaluations.

Ne pas remettre en question la compétence des départements dans la prise en charge des MIE nous paraît essentiel. Il en va ici non seulement du respect de nos engagements, de notre droit et de nos valeurs, mais aussi et surtout de la préservation de l’intérêt supérieur de l’enfant.

Nous plaidons sans discontinuer pour que l’accueil des MIE soit amélioré et harmonisé sur l’ensemble du territoire. Entre 2012 et 2017, le nombre de MIE pris en charge est passé de 8 500 à 25 000. Cette augmentation nous oblige à penser un accueil mieux structuré en France. Il faut non seulement garantir que tous les mineurs soient bien tous hébergés et accompagnés spécifiquement, dans des lieux dédiés, mais aussi éviter que les majeurs ne viennent dans les hébergements pour mineurs faute de place ailleurs. Il faut donc aussi repenser le premier accueil.  

La question de la prise en charge des MIE est avant tout une question de protection. Il faut penser l’avenir différemment, changer d’approche. Ces migrations ne cesseront pas. Dès lors, c’est dans une double dimension qu’il convient d’appréhender ce sujet : l’intérêt supérieur de l’enfant et les relations avec les pays d’origine.

 

Thierry Le Roy, Président de France terre d’asile, Pierre Henry, Directeur général de France terre d’asile