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À Chambon-le-Château, une fresque pour apprendre à vivre ensemble

Publié le : 27/04/2026

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À Chambon-le-Château, en Lozère, une fresque colorée orne désormais le mur de l’école primaire. Réalisée avec les élèves et un artiste professionnel aujourd’hui accompagné par le Centre d’accueil pour demandeur·euses d’asile de Langogne, cette œuvre collective évoque des thématiques essentielles : l’ouverture au monde, la solidarité et la construction collective.

 

Commune rurale d’un peu moins de 600 habitant·es, Chambon-le-Château est un village où cohabitent, depuis de nombreuses années, des habitant·es de longue date et des personnes exilées accueillies au Centre d’accueil pour demandeur·euses d’asile. Une cohabitation inscrite dans le quotidien du territoire, autour d’espaces partagés, au premier rang desquels figure l’école, lieu central de la vie locale, dont les élèves sont les enfants de locaux·ales et de personnes exilées.

 

Ce projet artistique s’inscrit dans un partenariat de longue date entre l’école primaire et le Centre d’accueil pour demandeur·euses d’asile, implanté dans la commune depuis plus de vingt ans. Un lien construit dans la durée, nourri par une volonté commune de transmettre aux enfants des valeurs fondamentales et de favoriser les rencontres.

Un projet collectif mené avec les élèves

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En amont de la réalisation de la fresque, un travail de réflexion a été mené en classe. Les 32 élèves de l’école ont ainsi été invité·es à échanger autour de plusieurs thématiques : le non-harcèlement, le vivre-ensemble, l’égalité de genre, le respect et la tolérance.

 

« Les élèves ont réfléchi ensemble à ce que signifient ces notions, puis ils ont réalisé leurs propres dessins pour illustrer leur façon de voir les choses », explique Amélie Papon, directrice de l’école.

 

Ces productions ont servi de point de départ à la création de la fresque. Pour accompagner ce travail, Ahmed T., artiste professionnel dans son pays d’origine et aujourd’hui demandeur d’asile, est intervenu auprès des élèves. Il leur a proposé d’observer et d’analyser des œuvres artistiques, d’apprendre à « lire » une image et de réfléchir au lien entre formes, couleurs et émotions. « Le dessin permet aux enfants d’exprimer des idées parfois difficiles à formuler avec des mots », souligne-t-il.

L’art comme outil pédagogique et de rencontre

Ahmed T. et Luz S., également artiste et demandeuse d’asile, ont ensuite travaillé à l’élaboration d’une première proposition de fresque. Ensemble, ils ont repris les idées issues des classes, en lien avec les enseignant·es, afin d’aboutir à une version finale du visuel à peindre.


« Ce projet montre que les enfants comprennent très tôt que nous ne sommes pas définis par une langue, une couleur ou des vêtements », souligne Luz S.

 

La fresque a ensuite pris forme sur le mur de l’école. Dessinée par Ahmed T., elle a été peinte avec la participation active des élèves, qui ont choisi les palettes de couleurs, peint certains contours et personnages, puis apposé leurs mains sur le mur, laissant une empreinte visible de leur implication dans le projet.

 

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L’œuvre finale représente la planète Terre entourée d’enfants. En dessous, des mains soutiennent le globe, symbole d’un monde porté collectivement ; et par endroits, des empreintes de mains d’enfants apparaissent sur la fresque. Des mots choisis par des parents d’élèves demandeur·ses d’asile, dans leurs langues d’origine, viennent compléter l’ensemble et rappeler les valeurs communes portées par le projet.


« La fresque montre les différences », explique un élève. « Ce n’est pas parce qu’on est différent qu’on ne peut pas être amis », ajoute un autre.

Un projet ancré dans la vie du village

Dans ce territoire rural, cette initiative collective contribue à créer des espaces de rencontre et de dialogue. Pour le maire de Chambon, ce projet s’inscrit pleinement dans les réalités d’une commune rurale et dans l’attention portée à l’éducation des plus jeunes. « L’accueil de personnes venues d'autres pays apporte de la diversité et une ouverture sur le monde, surtout pour les enfants », souligne Claude Solignac, maire de la commune. « Par l’art, ce projet permet de faire réfléchir les plus jeunes à des sujets de société essentiels. »

 

Un regard partagé par les équipes du Centre d’accueil pour demandeur·euses d’asile de France terre d’asile, engagées dans le territoire depuis de nombreuses années. Pour Nicolas Bonhomme, chef de service, ces projets participent à maintenir des liens et des partenariats essentiels dans un contexte rural. « On a toujours voulu entretenir un partenariat solide avec l’école », explique-t-il. « La Lozère a toujours été historiquement une terre d’accueil. Il est important de perpétuer cette tradition ».

Une œuvre inscrite dans le quotidien

La fresque a été inaugurée le 18 décembre 2025, à l’occasion de la Journée mondiale des personnes migrantes, en présence des enseignant·es, des élèves et de leurs parents, des artistes, du maire, des équipes du Centre d’accueil pour demandeur·euses d’asile et des partenaires locaux. Chaque jour désormais, les élèves croisent cette fresque en entrant à l’école.

 

Une œuvre collective qui rappelle qu’une société soudée se construit à travers l’éducation et les rencontres, et ce dès l’enfance.