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Le Secours populaire d'Angers ferme ses portes

Plus rien à distribuer : le Secours populaire d’Angers ferme


Submergé par les demandes, le Secours populaire d’Angers a fermé ses portes. Une première depuis la création de l’association.

Depuis une semaine, les personnes en difficulté se présentant au Secours populaire d’Angers trouvent les portes closes et l’inscription suivante, traduite en anglais, en russe et en arabe : « Faute de moyens suffisants, le Secours populaire est contraint de fermer ses permanences d’accueil pour une durée indéterminée. » Du jamais-vu en France depuis la création de l’association caritative en 1945, qui essuie là les terribles effets de la crise.


«Nous n’arrivons plus à faire face à la demande. Nos 75 bénévoles sont débordés, ils craquent, d’autant qu’ils n’ont presque plus rien à distribuer. En 2009, nous avons distribué 1 700 aides alimentaires entre janvier et avril. Cette année, le chiffre a quasiment triplé sur la même période », explique Stéphane Lepage, secrétaire départemental du SPF, qui voit à cette situation critique une double cause.


« D’abord, l’augmentation de la précarité, que l’on constate au niveau national. Ensuite, un problème spécifique à Angers, qui doit gérer l’afflux de demandeurs d’asile, principalement originaires du Soudan et d’Erythrée. Depuis le début de l’année, nous aidons 700 nouveaux foyers, dont la moitié sont des demandeurs d’asile que nous n’avions jamais rencontrés. »


Depuis le « cri d’alarme » lancé par l’ensemble des associations angevines, le Secours populaire attend que le préfet de Maine-et-Loire « prenne des mesures particulières », même s’il reconnaît les efforts de l’Etat pour augmenter la capacité d’hébergement. « Pour ce qui concerne les besoins alimentaires et vestimentaires de ces gens, seules les associations répondent », déplore Stéphane Lepage.

« L’afflux de demandeurs d’asile s’est traduit par une surreprésentativité dans les associations, ce qui déséquilibre le dispositif d’aide », reconnaît Patrick Bouchardon, secrétaire général de la préfecture, qui espère très vite trouver des solutions en concertation avec le Secours populaire. Avec l’espoir affiché par Stéphane Lepage que cette fermeture soit « la première et la dernière » dans l’Hexagone.


Par Jean-Charles STASI


Le Parisien, le 01/05/2010