fbpx
Main menu

Mineur·es isolé·es : Quand l'art devient un levier d’inclusion

Publié le : 20/02/2026

Image
© France terre d'asile

 

Dans le Calvados, France terre d’asile a initié le projet :  « Autour de la BD et du graffiti », destiné aux mineur·es isolé·es étranger·ères et jeunes majeur·es que nous accompagnons. Cette initiative à la fois culturelle et pédagogique s’appuie sur la création artistique comme levier d’expression, d’intégration et de renforcement de la confiance en soi. Stanislas Purol, directeur de plusieurs établissements à France terre d’asile, nous en présente les enjeux.

 

Pouvez-vous nous présenter le projet « Autour de la BD et du graffiti » ?

 

Cette initiative permettra à 36 jeunes que nous accompagnons de participer tout au long de l’année à des ateliers artistiques allant de la réalisation de fresques dans leurs lieux de vie à la création d’illustrations pour le livret d’accueil des établissements, en passant par des visites culturelles à Caen et à Marseille.

 

L’objectif est de permettre à ces jeunes de découvrir les métiers de l’illustration et des arts urbains tout en renforçant leur intégration et leur confiance en eux.

 

En quoi ce projet est-il important pour les jeunes accompagné·es par France terre d’asile ?

 

Les jeunes que nous accompagnons ont connu l’exil, la rupture familiale, et souvent des parcours traumatiques. Ils et elles arrivent en France avec une grande richesse intérieure, mais aussi beaucoup de fragilités.

 

Ce projet est né d’un constat simple : au sein de nos établissements d’accueil et d’accompagnement vers l’autonomie pour mineur·es isolé·es étranger·ères de Caen et d’Hérouville-Saint-Clair, les jeunes que nous accueillons ont un fort besoin de s’exprimer, de créer et de se projeter.

 

À travers ce projet de création artistique, les jeunes peuvent se réapproprier leur histoire tout en travaillant en groupe et en prenant place dans un collectif. Le projet contribue également à lutter contre l’isolement et à favoriser leur inscription dans la vie culturelle des territoires de Caen et de Marseille.

 

Pourquoi avoir choisi la bande dessinée et les arts urbains ?

 

L’art, et notamment la bande dessinée et le graffiti, permet de contourner les barrières linguistiques grâce à un langage universel et accessible qui parle directement aux jeunes.

 

La BD est un formidable outil de narration et de liberté d’expression. Dans un contexte où cette liberté est un enjeu central, notamment pour des jeunes qui ont parfois fui des pays où elle n’est pas garantie, elle devient un médium très puissant.

 

Les arts urbains, quant à eux, permettent de s’ancrer dans les lieux de vie. Les fresques réalisées dans nos établissements vont permettre de transformer les espaces où les jeunes cohabitent, en les rendant plus accueillants et porteurs de l’empreinte des jeunes.

 

Les jeunes sont pleinement acteur·ices de leur environnement, c’est ce que nous voulions mettre en avant avec ce projet.

 

Comment les jeunes sont-iels impliqué·es concrètement ?

 

Les jeunes participent à toutes les étapes du processus de création : les échanges avec les artistes, la conception des illustrations et des fresques, la réflexion sur le livret d’accueil, les sorties culturelles. Ils et elles ont l’opportunité de travailler avec l’illustrateur de bande dessinée Nicolas Mazière, et Oré, un artiste de graffiti caennais reconnu.

 

Plus qu’une simple activité culturelle, les jeunes co-construisent des supports visuels qui s’inscriront dans le temps.

 

Quels sont les résultats attendus ?

 

Ce projet donnera lieu à 5 illustrations, 2 fresques, un nouveau livret d’accueil et plusieurs visites culturelles. Mais surtout, sur le plan humain, il vise à renforcer la confiance en soi et la participation, à permettre aux jeunes de tisser des liens, et à favoriser une meilleure appropriation de leur parcours d’accompagnement.

 

À travers ce projet, France terre d’asile poursuit sa mission : permettre aux jeunes en exil de se construire un avenir en France, en s’appuyant sur leurs talents, leur créativité et leur capacité à se projeter.

 

Le projet « Autour de la BD et du graffiti » est cofinancé par l’Union européenne, via le Fonds social européen + (FSE+), dans le cadre du programme « Emploi – Inclusion – Jeunesse – Compétences ». Ce financement représente 60% du budget total du projet, soit 15 200.67 euros sur un budget global de 25 334, 44 euros.