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Situation des migrants en transit à Calais : article de France Soir du 19 mars 2009

Immigration - Confusion sur la création d’un nouveau “ Sangatte”



Londres et Paris se renvoient la balle au sujet de la création d’un nouveau centre de rétention près de Calais.



Le courant passe parfois mal entre les deux rives de la Manche. Au centre de l’imbroglio politique du moment entre Londres et Paris : l’avenir des migrants en transit autour de Calais. mardi soir, le ministre anglais de l’Immigration, Phil Woolas, annonçait la création d’un nouveau centre de « détention » dans les environs de Calais pour les migrants tentant de se rendre illégalement en Grande-Bretagne. Démenti illico de son homologue français, Eric Besson, à l’antenne de BFM TV, quelques heures après la prestation de son collègue : « Il n’est pas question de recréer Sangatte (NDLR : fermé en 2002). Ce serait une erreur dans la gestion des flux migratoires avec le Royaume-Uni, cela nous placerait de nouveau dans une situation inextricable ».


L’initiative avait pourtant été présentée comme un projet commun avec les autorités françaises, avant un accord promis pour le sommet franco-britannique prévu en mai.


Mauvaise traduction


La déclaration du ministre britannique a donné des sueurs froides aux diplomates français. A l’origine du couac, selon une source proche du dossier, une confusion d’ordre sémantique, ou « rétention » est devenue « détention » dans la bouche du ministre anglais, qui a aussi évoqué Sangatte, à la surprise même de son staff, lors d’une réunion au Parlement britannique. Des approximations de traduction et la loupe déformante de la presse britannique ont parachevé la déstabilisation. La frayeur passée, on rappelle aujourd’hui, à Paris comme à Londres, que la politique commune vise à améliorer l’étanchéité et le contrôle le long des côtes du nord de la France, sans qu’il soit néanmoins question d’édifier un nouveau centre.

Depuis la fermeture du camp de Sangatte, qui était géré par la Croix-Rouge, des centaines de candidats à l’immigration, pour la plupart des réfugiés afghans et irakiens, vivent dans des conditions très précaires dans les environs de Calais, parfois dans des cabanes en pleine forêt, dans l’espoir d’embarquer clandestinement dans un ferry vers la Grande-Bretagne. Pour Pierre Henry, [directeur général ] de l’association France terre d’asile, « l’idée de créer un nouveau centre de détention n’est pas la bonne solution. C’est au Conseil européen de décider de l’identification et de la protection des migrants », nous explique-t-il. « Il est nécessaire d’instaurer des points d’information pour les migrants dans les endroits sensibles, comme Paris et Calais, afin de ne pas laisser le monopole aux réseaux de passeurs ».


Par Thomas Saintourens

France Soir, le jeudi 19 mars

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