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Violences au sein du couple : comment mieux accompagner et protéger les femmes exposées ?

Publié le : 06/03/2026

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En 2024, plus de 272 000 personnes ont été victimes de violences conjugales. Un chiffre qui ne faiblit pas et derrière lequel persiste une réalité : les violences conjugales touchent tous les milieux, mais elles restent profondément marquées par une asymétrie de genre, étant très largement exercées par des hommes, à l’encontre de femmes. Elles restent pourtant un phénomène mal connu dont les représentations sont souvent erronées et teintées d’idées reçues.

 

Cet article propose un décryptage sur les mécanismes des violences au sein du couple et met en lumière les vulnérabilités spécifiques auxquelles sont confrontées les femmes exilées. Il propose des outils pédagogiques à destination des professionnel·les pour renforcer leur accompagnement et l’accès aux droits.

Les violences conjugales : de quoi parle-t-on ?

 Les violences conjugales désignent tous les actes de violence physique, verbale, sexuelle et sexiste, psychologique ou encore économique et administrative, exercés au sein d’une relation intime. Elles peuvent survenir pendant la relation, mais également après une séparation. L’auteur de ces violences ne partage pas toujours le même domicile que la victime. Il peut être un conjoint actuel avec qui la victime vit, mais il est parfois un partenaire ou un conjoint passé.

 

Si les violences conjugales sont souvent associées aux violences physiques, elles se manifestent en réalité le plus fréquemment — dans 85 % des cas — par des violences psychologiques (humiliation, dénigrement, emprise...). S’ajoutent également d’autres types de violences, comme la violence verbale (insultes, menaces…), la violence économique (l’agresseur contrôle de manière partielle ou totale les ressources de la victime), la violence sexuelle, qui comprend tout acte à caractère sexuel imposé, la violence numérique (cyberharcèlement, surveillance…), et enfin la violence administrative (confiscation de documents, chantage au titre de séjour…).

De l’emprise à l’isolement : comprendre le mécanisme des violences

Ces différentes formes de violences se cumulent le plus souvent et interviennent de façon répétée, organisée et progressive, permettant à l’agresseur d’instaurer une emprise sur la victime, et de perpétuer ainsi d’autres violences sans qu’elle ne puisse les reconnaître comme telles ou y échapper.

 

Le système patriarcal est au cœur de ce cycle de violences. En effet, les violences conjugales se caractérisent systématiquement par l’instauration d’un rapport de domination au sein de la relation, exercé dans une grande majorité des cas par un homme sur une femme. Cette dynamique est renforcée par les stéréotypes, les institutions et les pratiques issus du système patriarcal qui légitiment ces rapports de pouvoir.

 

Il devient bien plus difficile pour une personne isolée, dont l’estime de soi est dégradée, qui est maintenue dans un environnement de peur et de contrôle permanent ou qui se sent « responsable » des violences qu’elle subit, de sortir d’un schéma de violence.

Chiffres clés :

  • Il faut en moyenne 7 allers-retours à une femme pour quitter définitivement le domicile conjugal.
  • 84% des victimes de violences conjugales sont des femmes, 16% sont des hommes.
  • 85% des auteurs de violences conjugales sont des hommes, 15% sont des femmes.
  • 84% des auteurs de violences conjugales sont de nationalité française.
  • Seule 1 victime sur 6 porte plainte.
  • 1 283 femmes* ont été mises en danger de mort ou sont mortes du fait de violences conjugales pendant l’année, et ce phénomène ne diminue pas.

*Ce chiffre comprend les femmes victimes de féminicides, de tentatives de féminicide, et les femmes victimes de harcèlement par leur conjoint ou ex-conjoint ayant conduit au suicide ou à sa tentative.

 

Source : Données publiées en octobre 2025 par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) pour l’année 2024, en France.

Les femmes exilées : au croisement d’une double violence

Les femmes de nationalité étrangère représentent 14 % des victimes de violences conjugales en France. Leur situation est spécifique, car elles peuvent subir simultanément des violences liées au genre et des violences ou discriminations liées à leur statut de personnes étrangères, qu’elles soient administratives, institutionnelles ou racistes.

 

Cette situation peut décupler la violence, mais elle rend aussi plus difficile l’accès à la sécurité. Bien que bénéficiant de mécanismes de droit commun, comme porter plainte ou déposer une main courante, les femmes réfugiées ou en demande d’asile rencontrent de nombreux obstacles pour faire valoir leurs droits. Elles peuvent être confrontées à des stéréotypes de la part de leur entourage ou des personnes en charge de les accompagner dans ces démarches. L’absence d’interprétariat ou d’un accompagnement adapté à leur situation constituent également des freins majeurs. Dans la plupart des cas, leur statut administratif est lié à celui du conjoint, favorisant une situation de dépendance et rendant la sortie des violences encore plus complexe.

 

Les femmes exilées sont également davantage confrontées à des situations précaires qui renforcent leur vulnérabilité face à ces violences : manque de ressources financières, difficulté d’accès à un hébergement et à des espaces de discussion et d’information.

 

Les situations de chantage aux documents d’identité ou aux logements sont des leviers courants des agresseurs qui touchent particulièrement les femmes exilées. Parmi elles, selon le CNRS, les femmes trans exilées sont exposées au chantage sexuel à l’hébergement de manière disproportionnée.

 

Des outils pour renforcer l’accompagnement des femmes exilées exposées aux violences

 

Face à la double violence auxquelles sont confrontées les femmes étrangères en France, il est primordial de mettre en place un accompagnement et des outils de prévention et d’intervention qui tiennent compte de leurs réalités et besoins spécifiques.

 

Dans le cadre des formations du projet AMAL dédié à la protection et l’autonomie des femmes migrantes, France terre d’asile met à disposition des professionnel·les du secteur social, une série de capsules vidéo centrées sur les thématiques de l’accompagnement des femmes étrangères ou exilées victimes de violences au sein du couple. En quelques minutes, ces vidéos visent à donner les éléments clés pour mieux comprendre leurs besoins, les spécificités de leurs difficultés, et ainsi améliorer leur accompagnement.

 

Découvrez, ci-dessous, une série de vidéos sur les essentiels de l’accompagnement des femmes victimes de violences au sein du couple.

Comprendre les mécanismes de la violence au sein du couple


Identifier les victimes de violences conjugales

Améliorer l'accompagnement des femmes exilées

Si vous pensez être victime de violences conjugales, où que vous pensez qu’un·e de vos proches l’est, vous pouvez contacter gratuitement le 3919 pour de l’écoute, des informations, et de l’orientation, le 17, le 112 ou par SMS le 114 pour une urgence. Si vous avez besoin d’avantages d’informations vous pouvez consulter le site du gouvernement ou ce violentomètre.