fbpx
Main menu

Voeux contre le mal logement

Le Collectif des associations unies présente ses voeux pour une nouvelle politique du logement

collectif-assos-unies-mal-logement

Suite à la mobilisation du collectif sur le Pont des Arts, et face à la faiblesse des réponses apportées par le Premier ministre lors de la rencontre du 10 novembre à Matignon, le Collectif des associations unies a présenté ses voeux pour une nouvelle politique du logement.

IMG_0345-petit IMG_0349-petit
Le Collectif des associations unies contre le mal logement comprend 32 associations
IMG_0348-petit IMG_0355-petit
Le rassemblement a eu lieu devant un bâtiment occupé par le collectif Jeudi noir

 secours_catholique

Soutien des Associations unies à un squat symbolique

Les représentants des Associations unies pour le logement étaient, ce matin du 24 janvier, devant l’immeuble parisien d’Axa occupé par les militants du collectif Jeudi Noir. Pour dénoncer l’aggravation de la crise du logement et pour faire des propositions.

« Il y a des logements vides, vacants, alors que des millions de personnes sont mal logées ou ne peuvent plus payer leur loyer », dénonçait ce matin, avenue Matignon à Paris, Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre. Il s’exprimait au nom du collectif des Associations unies pour le logement, dont fait partie le Secours Catholique. Au nom des Associations unies, il a présenté des vœux pour une politique du logement plus solidaire, au pied de l’immeuble de la société Axa occupé par les militants de Jeudi Noir, 22 avenue Matignon.

« La vraie vie des vrais gens »

Au nombre de ces vœux, celui de rencontrer le président de la République pour lui « raconter la vraie vie des vrais gens », et lui faire des propositions « constructives », selon l’expression de Matthieu Angotti, directeur général de la Fnars, également membre du collectif. Parmi ces propositions, l’introduction d’un quota de logements sociaux dans tout programme de construction ou le maintien du niveau de financement du logement social (amputé de 20 000 logements en 2011) et des allocations logement (en baisse de 360 millions d’euros).

"Des jeunes précaires dépensent 40 à 50% de leurs revenus pour se loger", dénonce Christophe Robert. Des femmes isolées, des familles, des migrants, des retraités n’arrivent plus à se loger décemment, par centaines de milliers. Ce « gâchis du mal-logement » se répercute sur la santé, l’emploi, la scolarité des enfants, veulent dire les membres du collectif au président de la République.

Renard, informaticien indépendant

Serge, un retraité, dort plusieurs nuits par semaine dans l’immeuble de bureaux occupé par Jeudi Noir. Par solidarité. A cause de sa retraite insuffisante et de son divorce, il était lui-même sans logement il y a peu. Une famille au chômage avec enfants risque d’être expulsée. Elle vient le week-end avenue Matignon, dans l’espoir d’y trouver une solution alternative. Mais le manque de chauffage et l’interdiction par la police de faire entrer des meubles, l’empêche de s’installer plus durablement.

Renard, 35 ans, fait partie des militants qui habitent sur place. Ils sont filtrés par la police à chaque franchissement de l’entrée. Informaticien indépendant, Renard n’a pas d’autre logement. Avant, il vivait chez des amis ou chez ses parents, qui habitent loin. Il ne se sent pas désocialisé, mais « un lieu comme ça me permet, dit-il, de ne pas tomber de l’autre côté de la barrière de la précarité », remarque-t-il.

« Personne n’est à l’abri »

Alix, également de Jeudi Noir, est sorti sur le trottoir du 22. Le crachin parisien laisse transparaître l’éclat de l’avenue Matignon : juste en face, le siège de verre et de pierre d’Axa. A quelques pas, l’ambassade d’Israël et un immeuble de l’assureur en construction. Sur le même trottoir, les prestigieuses galeries de peinture de l’avenue…

Alix pose l’occupation du 22 sur le plan politique : « Ce quartier est un symbole. Du dernier étage, on voit les toits de l’Élysée. Cela signifie qu’on ne peut plus faire semblant d’ignorer qu’il y a des bâtiments vides dans ce quartier, explique-t-il. Paris est devenu tellement cher, affirme-t-il, que les sociétés déménagent en banlieue. Les propriétaires ont intérêt à ne pas relouer : un immeuble vide est plus facile à vendre et prend donc plus de valeur », analyse Alix.

Propositions de relogement

De son côté, Axa demandera en référé l’expulsion des squatteurs, dès demain mardi 25 janvier, au tribunal d’instance du 8ème arrondissement de Paris. La grande société d’assurances explique sa démarche judiciaire par le fait que l’immeuble est à usage de bureaux et non d’habitation et par des problèmes de sécurité.

Axa fait des propositions de relogement aux occupants mais rejette comme « inenvisageable » le bail d’occupation précaire demandé par Jeudi Noir. Les occupants de l’immeuble pourraient payer entre 150 et 300 € par mois et par habitant, estime Alix. Une somme bien sûr dérisoire par rapport à la valeur locative de l’immeuble…

Secours catholique, le 24/01/2011