
Paris, le 6 octobre 2026
Face à la baisse du nombre de demande d’asile enregistrées en France sur l’année 2025 et les six premiers mois de l’année 2026, le gouvernement français dispose d’une opportunité historique d’améliorer significativement les conditions d’accueil des personnes en demande d’asile sur son territoire. A la lecture des projets de loi de finances et de loi de financement de la Sécurité sociale, France terre d’asile déplore que le gouvernement ne fasse pas le choix de l’investissement dans les politiques d’accueil et d’intégration, dont les bénéfices en termes d’économies et de gains supplémentaires tous comptes publics confondus pourraient se faire sentir dès 2027.
Discriminations dans l’accès aux prestations sociales et politique répressive : des choix inacceptables et incohérents
Nous dénonçons fermement l’instauration de discriminations basées sur la nationalité dans l’octroi des prestations sociales et aides au logement prévue dans le PLFSS. Cette mesure aura des conséquences immédiates pour des familles régulièrement installées sur le territoire. Elle aggravera la situation des ménages étrangers dans l'accès et le maintien dans leur logement, et fragilisera l’avenir de milliers d’enfants.
France terre d’asile a montré que d’autres choix politiques et budgétaires au bénéfice de l’ensemble de la société et des personnes résidant en France étaient possibles en matière de politique migratoire. Par exemple, la régularisation de personnes en situation irrégulière qui travaillent ou pourraient rapidement accéder à un emploi représente une mesure de bon sens, qui améliorera les conditions de vie des personnes concernées et sera bénéfique d’un point de vue économique et social pour l’ensemble du pays.
Le gouvernement s’entête cependant à orienter toujours plus de crédits dans les politiques répressives, avec la création de nouveaux centres de rétention. Ces moyens sont consacrés à une politique inhumaine - le rapport des associations intervenant en rétention illustre des parcours de vie brisés et des décisions erronées de l’administration, onéreuse - la Cour des comptes indique qu’une journée de rétention coûte plus de 600 euros par personne, et inefficace - le taux d’éloignement depuis les centres de rétention ne cesse de diminuer à mesure que croît la durée maximum de rétention, établie depuis cet été à 210 jours, soit 7 mois.
L’insuffisance des moyens dédiés à l’hébergement, l’accompagnement et l’intégration
Ces moyens ne sont dès lors pas dédiés à l’augmentation du nombre de places d’hébergement et à l’amélioration de l’accompagnement social proposé aux personnes en demande d’asile ou réfugiées. Alors que le gouvernement se félicite d’avoir atteint un taux d’hébergement des demandeurs d’asile au sein du dispositif national d’accueil (DNA) inédit - 72%, il fait l’impasse sur le fait que plusieurs milliers de personnes en demande d’asile - enfants, femmes et hommes - ne bénéficient plus des conditions matérielles d’accueil et ne sont donc pas prises en compte dans ce calcul. La baisse du nombre de demande d’asile doit nous encourager à créer les quelques milliers de places supplémentaires nécessaires pour héberger l’ensemble des personnes concernées. N’exposons pas davantage aux violences de la rue ou aux risques d’exploitation des personnes venues chercher protection en France.
France terre d'asile regrette également le manque d'ambition en matière d'intégration. Alors que le nombre de personnes protégées continue d'augmenter, le programme AGIR reste limité à une file active de 25 000 bénéficiaires, bien en deçà des besoins identifiés. Cette limitation est contradictoire avec l'objectif affiché d'accélérer l'intégration des réfugiés et de favoriser leur accès à l'emploi et au logement.
Alors que la baisse du nombre de demandes d’asile nous permet d’envisager un avenir proche où toutes les personnes en cours de procédure seraient hébergées, le Gouvernement préfère investir dans une politique d'enfermement coûteuse et de moins en moins efficace. La priorité devrait être l'accueil et l'intégration.
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