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Le centre pour les femmes et les familles migrantes a ouvert ses portes à Paris

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C’est à Ivry-sur-Seine (Val de Marne) qu’est implanté le nouveau centre d’accueil pour migrants dits vulnérables. Doté d’une capacité de 400 places, il accueille  depuis jeudi 19 janvier, 91 pensionnaires. Les personnes prises en charges dans le centre, essentiellement des femmes et des familles, pourront y rester entre trois et cinq mois.

 

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© Valentine Guichardaz-Versini

Alors que certaines parties sont encore en cours de construction, le centre d’Ivry-sur-Seine (Val de Marne) a ouvert ses portes jeudi 19 janvier. Il s’agit du second centre d’accueil voulu par la ville de Paris et mis en place dans le cadre du plan d’accueil des migrants. Il s’inscrit dans une démarche d’orientation des personnes arrivantes sur le territoire et est géré par Emmaüs Solidarité. Il se différencie du premier né, situé boulevard Ney (Porte de la Chapelle), dans le 18ème arrondissement de Paris, par la durée de l’hébergement (entre 3 et 5 mois) et par le public qu’il est en charge d’accueillir : femmes isolées et familles. Le premier centre d’accueil lui, ne concerne que les hommes isolés qui ne sont censés y rester qu’entre cinq et dix jours.

 

Comment le centre fonctionne-t-il ?

Vaste complexe de 4 800m², le centre est doté d’une capacité de 400 places. Il accueille couples avec et sans enfants, femmes isolées avec ou sans enfants et femmes enceintes. Le centre représente 6 villages composés d’une vingtaine de chambres chacun. Durant un mois, seul 90 places seront disponibles. C’est à la mi-mars que le centre devrait effectuer son plein rendement en accueillant 350 personnes réorientées depuis le premier centre humanitaire de la Chapelle.

Construit sur le site d’une ancienne usine de traitement des eaux, le centre s’articule en plusieurs pôles:

- Un pôle accueil réparti en plusieurs yourtes au sein desquelles s’opèrent diverses activités et ateliers (notamment sur le thème de la parentalité) ainsi qu’un service de restauration. Le pôle accueil constitue la principale particularité du centre car il implique une prise en charge sociale, éducative et médicale. Un dispositif complet jusqu’alors plus ou moins absent des mécanismes d’accueil. Des professionnels du Samu Social et de Médecins du monde assureront les consultations et le suivi médical. L’association Pédiatres du Monde organisera également 2 à 3 consultations par semaines, et des gynécologues de l’association Gynécologie sans frontières compléteront également ce dispositif médical interne au centre.  Des enseignants volontaires se chargeront de faire l’école aux enfants, dans le cadre d’un partenariat avec l’Education nationale, afin chaque enfant puisse être scolarisé. Une demi-journée sera consacrée aux enseignements – notamment du français – et l'autre aux activités sportives, culturelles et artistiques.

- Des zones d’hébergement articulées autour des yourtes.  Les personnes seront hébergées sur une durée pouvant aller de trois à cinq mois et seront logées au sein de baraquements d’une taille modulable de 12m² à 45m², selon les besoins.

 

Intérieur yourte Extérieur chalet

© Bertrand Gay, AFP

 

Une initiative parisienne, un besoin national

Pris en charge à 80% par la ville de Paris et 20% par l’État, le centre est par ailleurs inscrit dans un appel à projet : Réinventer la Seine permettant l’apport de nouveaux logements et de nouvelles activités. Le maire d’Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou souligne une initiative humanitaire qui s’avère aussi être une opportunité pour les habitants, puisque « un tiers des 80 emplois, qui ont été créés par Emmaüs Solidarité, seront des Ivryens ». Des chiffres qui contribuent à l’optimisme du maire qui tient à rassurer les riverains sur la tenue du centre. Il ne devrait y avoir ni longue file d’attente, ni création de campements, car les personnes dirigées vers Ivry auront été au préalable orientées depuis la bulle de la Chapelle et seront conduites directement en minibus jusqu’aux portes du second centre. De plus, le maire entend mettre en place une structure d’évaluation pour veiller au bon déroulement et au suivi du dispositif pour permettre un possible réajustement en cas de problème.

Cette ouverture ne résoudra cependant pas pour autant les problèmes auxquels Paris est encore confrontée, deux mois après l’ouverture du centre humanitaire dans le 18e, dont les 400 places d’hébergement sont déjà saturées. Une centaine de personnes dorment encore chaque jour à la rue, et le nombre de rendez-vous accordés par la préfecture chaque jour pour les demandeurs d’asile reste encore insuffisant au regard du besoin réel.

Pour Pierre Henry, Directeur général de France terre d’asile, « il faut une duplication de ce type d’expérimentation à travers le territoire national, en réponse à la situation actuelle. Des centres de transit régionaux permettraient ainsi de désengorger Paris et d’accueillir les migrants dans des conditions dignes ».

 

 

 Paris: ouverture du deuxième centre d’accueil pour migrants
BFMTV

 

Par France terre d'asile, le 20/01/2017

 

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