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Manifestation de soutien aux réfugiés : "15% des gens qui sont sur les campements à Paris ont un droit de séjour"

"Le pire côtoie l'inacceptable" à Paris, dénonce le directeur général de France terre d'asile, Pierre Henry.

À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés qui aura lieu le 20 juin, une manifestation est organisée samedi 15 juin au Champ-de-Mars, à Paris. La quarantaine d’associations organisatrices seront présentes pour montrer aux Parisiens tout ce qu’elles font. "15% des gens qui sont sur les campements sont des gens qui ont un droit de séjour", mais "il va falloir passer à autre chose et notamment réfléchir à la mise en place de villages modulaires", a déclaré sur franceinfo Pierre Henry, le directeur général de France terre d'asile.

 

franceinfo : Ce rendez-vous se veut festif. Pourquoi ?

Pierre Henry : C'est un moment où l'on peut parler de manière pacifiée de la question des migrations, de l'asile et présenter les parcours exceptionnels d'un certain nombre de réfugiés qui sont arrivés en France. J'ai des tas d'exemples de gens qui ont vécu pendant deux ans sur la route migratoire et qui aujourd'hui ont repris des études, sont à la tête de start-up ou de petites entreprises. La question migratoire ce n'est pas seulement des problèmes. C'est aussi beaucoup de réussites.

 

Quelle est la situation aujourd'hui à Paris ?

Elle est extraordinairement difficile. Le pire côtoie l'inacceptable. Vous avez en permanence, depuis 2015 dans l'est parisien, plus de 1 000 personnes qui sont à la rue, dans le dénuement le plus total et qui se cachent dans les anfractuosités du périphérique, des constructions autoroutières. C'est une situation qui perdure. Il est inconcevable que dans un pays comme le nôtre, sixième puissance du monde, des gens restent à la rue de cette manière.

 

Il n'y a pas assez de centre d'accueil à Paris ?

Vous avez 50% de la demande d'asile qui vient se concentrer sur l'Ile-de-France et vous n'avez pas une réponse suffisamment organisée dans toutes les capitales régionales. Donc vous avez des concentrations plus importantes sur la capitale. Effectivement, les places manquent. Entre 2016 et 2018, la France, et c'est tout à son honneur, a accordé 110 000 protections à des réfugiés qui ont un droit de séjour de plus de 10 ans. Derrière cela, le nombre de places disponibles pour les accueillir est d'environ 15 000 places. Donc, évidemment, vous avez un certain nombre de situations complètement indignes. Dans les campements à Paris nous retrouvons des réfugiés statutaires, des gens qui sont protégés par la France. 15% des gens qui sont sur les campements sont des gens qui ont un droit de séjour.

 

Au-delà des papiers, il y a les conditions d'accueil et de logement qui ne sont pas toujours adaptées. Que demandez-vous ?

Tout manque. Ce n'est pas une compétence juridique de la Ville, c'est une compétence de l'État. Il faut se mettre autour d'une table, État, collectivités locales, territoriales, associations, pour trouver une réponse adaptée à cette indignité. Compte tenu de la difficulté que nous avons à produire des logements, il va falloir passer à autre chose et notamment à réfléchir à la mise en place de villages modulaires. Des mobil-homes, des choses organisées avec des sanitaires, une sécurité, de manière à ce qu'on arrête cette indignité. Nous sommes incapables d'accueillir en dignité 120 000 demandeurs d'asile chaque année. En réalité, nous n'avons plus une crise migratoire puisque le nombre de demandeurs d'asile en Europe est revenu à ce qu'il était avant la crise de 2015.

 

France Info, le 15/06/2019

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