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Duos de demain

Le parrainage citoyen : un levier pour l'intégration des réfugiés

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Témoignage de Nawras

Témoignage de Nawras

Je vais vous parler brièvement de notre périple vers l’intégration, avec ma femme et nos deux jeunes enfants (8 et 3 ans). 

Nous sommes arrivés en France fin 2019. Deux mois plus tard, je me suis vu accorder le statut de réfugié. En effet, mon travail de journaliste était consacré à l’opposition au régime politique en Syrie, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle que je suis venu me réfugier en France, en passant par la Turquie. Avant de mettre le pied sur le sol français, je me disais que l’anglais, que je maîtrise, m’aiderait à communiquer avec les Français, que la plupart parleraient. Mais j’ai été surpris par la réalité du terrain : peu de Français parlent anglais.

Petit à petit, je me suis rendu à l’évidence : si je voulais m’intégrer rapidement, il me fallait apprendre le français car c’était là la clé qui ouvrait toutes les portes : le travail, les amis, et la vie de façon générale. Malheureusement, avec la crise sanitaire qui a commencé à s’étendre au début de l’année 2020, nos chances d’apprendre cette langue ont fortement diminué.

Mais je n’ai pas pour autant perdu espoir. L’ampleur de la crise finirait bien par s’atténuer et alors je pourrais trouver un moyen efficace pour apprendre le français.

Je suis tombé, un jour, sur une publication Facebook où l’on parlait de « Duos de demain », un programme de parrainage et d’aide à l’intégration mené par France terre d’asile. Je me suis inscrit (en remplissant un questionnaire en ligne) dans l’espoir de rencontrer, grâce à ce programme, une famille française qui nous aiderait à mieux nous intégrer et avec qui nous échangerions sur nos cultures respectives. J’espérais également que cela nous permettrait de nous faire, par la même occasion, de nouveaux amis, français. J'ai reçu un message de la part d’Emma, qui travaille pour ce programme.

J’ai eu beaucoup de chance : Les Dupont habitent à seulement quinze minutes en voiture depuis chez moi. Moins d’une semaine plus tard, Emma nous présentait les uns aux autres, lors d’une réunion Zoom. Malgré mon niveau de français, j’arrivais à comprendre ce que l’on me disait, mais aussi à me faire comprendre : avec ma femme, nous avons invité James et Laurence à venir déjeuner à la maison. Quelques jours plus tard, on les accueillait chez nous. Ils sont venus avec leur petit garçon et nous avons passé un moment très convivial. A l’issue de cette rencontre, nous avons convenu de revoir les Dupont chez eux (ils nous ont invités). Ils nous ont également suggéré d’aller tous ensemble, quelques temps plus tard, dans un grand parc avec des jeux en nous disant que nos enfants s’y amuseraient bien. James et Laurence nous ont enseigné le français et ont bien pris soin de nous ; et nous voulions, dès le début, que notre relation avec eux se fonde sur des sentiments amicaux.

Ils essayaient toujours de se rendre utiles et de savoir s’ils pouvaient nous aider en quoi que ce soit. Ils nous ont également demandé nos dates d’anniversaire (pour nous offrir des cadeaux). Nous leur rendions la pareille, comme nous pouvions.

Nous nous voyons au moins une fois par semaine. Quand on ne se voit pas, on échange via WhatsApp (nous avons créé un groupe). Echanger aussi régulièrement nous a permis d’améliorer notre niveau de français et de mieux connaître la culture française. Cela a permis aux Dupont de découvrir la cuisine syrienne ainsi que quelques-unes de nos traditions.

France terre d’asile et plus particulièrement les personnes travaillant au sein du programme de parrainage suivaient l’évolution de notre duo avec James et Laurence et tout le mérite revient à Emma et à « Duos de demain » qui nous ont permis de les rencontrer. Un autre facteur qui nous a permis de créer une relation aussi forte, c’est la clarté, dès le début, avec les Dupont : nous voulions tous créer une relation qui se baserait sur des sentiments amicaux et authentiques, loin de tout intérêt et de tout calcul.

Fort de cette expérience, je me permets d’encourager tout le monde à participer à ce programme, plus particulièrement les familles françaises qui voudraient apporter une aide à des familles de réfugiés que les guerres et les conditions de vie difficiles ont poussés à fuir leur pays et venir s’installer dans ce beau pays qu’est la France. Qui sait, peut-être que vous aussi vous rencontrerez des gens extraordinaires et vous leur donnerez la chance de pouvoir mieux s’intégrer dans la société française. Vous deviendrez peut-être de très bons amis ou même comme de la famille !

Nawras, journaliste et réfugié politique en France