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Les mineur.e.s non accompagné.e.s en France en 2021

Les mineur.e.s non accompagné.e.s en France en 2021

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© Hervé Lequeux

En 2021, le ministère de la Justice a recensé 11 315 mineur.e.s non accompagné.e.s (MNA) en France. Ces jeunes sont en très grande majorité des garçons (94,8 %), âgés pour 59 % d’entre eux de 16 ans ou plus. Les trois principaux pays de provenance de ces jeunes sont la Mali, la Guinée et la Côte d’Ivoire. Une fois reconnu.e.s mineur.e.s, ces jeunes sont orienté.e.s dans les départements pour être accueilli.e.s et accompagné.e.s dans des dispositifs spécifiques par des associations comme France terre d’asile.

 

Une majorité de jeunes garçons âgés de 16 ans et plus

En 2021, 11 315 MNA ont été recensé.e.s par le ministère de la Justice, soit une augmentation de 18,81 % par rapport à 2020, année marquée par la crise sanitaire. Cela s’explique par la limitation d’accès au territoire en 2020 et 2021 en raison de la fermeture des frontières et des périodes de restrictions sanitaires successives. On constate en 2021 une hausse par rapport au nombre de personnes déclarées MNA en 2020, sans pour autant atteindre le nombre de personnes recensées les années précédentes (14 908 personnes déclarées MNA en 2017, 17 022 en 2018, 16 760 en 2019).

Parmi ces jeunes, la proportion de garçons est extrêmement majoritaire. Ils représentent en 2021 94,8 % des MNA en France. La proportion de filles (5,2 % en 2021) est en légère hausse ces dernières années. En revanche, le nombre de filles reconnues MNA est en baisse (5,2 % de filles en 2021, soit 584 filles, contre 751 filles en 2019 soit 758 filles).

En 2021, les mineur.e.s non accompagné.e.s pris.e.s en charge sont majoritairement âgé.e.s de 16 ans. On compte 40,92 % de MNA âgé.e.s de 16 ans en 2021 et 17,86 % de MNA âgé.e.s de 17 ans et plus. Près de 59% des MNA pris.e.s en charge en France en 2021 ont donc plus de 16 ans. En comparaison des années précédentes, les MNA pris.e.s en charge sont plus jeunes qu’en 2020.  

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Source : Rapport d’activité de la cellule MNA, ministère de la Justice

Des obstacles à une prise en charge adaptée des jeunes aux besoins spécifiques : jeunes filles, MNA de moins de 15 ans et jeunes en errance

Le ministère de la Justice note des difficultés dans la prise en charge des jeunes présentant des besoins spécifiques. Celles-ci résultent de l’absence de structures adaptées aux jeunes filles MNA, qui se voient parfois orientées dans des dispositifs hôteliers ne garantissant pas leur sécurité, et de l’absence de structures adaptées aux jeunes en situation d’errance. Des difficultés ont également été rencontrées en 2021 pour la prise en charge des jeunes de moins de 15 ans en raison de l’absence de structures dédiées aux MNA de cette tranche d’âge et de la saturation des maison d’enfants à caractère social (Mecs).

Le ministère alerte sur la situation de grande vulnérabilité des jeunes filles, exposées à des risques de traie des êtres humains et à des violences sexuelles et de genre pendant leur parcours migratoire. La mission du ministère de la Justice constate notamment l’arrivée en 2021, comme en 2020, de mineures enceintes ou avec un bébé après leur accueil dans des camps en Grèce.

 

Pays d’origine des mineurs non accompagnés et évolution des routes migratoires

Comme les années précédentes, les MNA pris.e.s en charge viennent majoritairement du Mali, de Guinée et de Côte d’Ivoire. 47% des MNA arrivé.e.s en France en 2021 proviennent de ces trois pays. En forte hausse depuis 2020, la proportion des jeunes originaires des trois pays du Maghreb approche les 20 % des MNA en 2021. Parmi les autres pays de provenance, on note en 2021 une augmentation du nombre de jeunes en provenance d’Afghanistan en raison de la situation politique (7,4%), ainsi qu’une part importante de jeunes en provenance du Bangladesh (6,1 %) et d’Albanie (4,4 %).

D’après le ministère de la Justice, les routes migratoires empruntées par les MNA se sont redessinées en 2021 en direction de la route centrale, c’est à dire depuis la Libye, la Tunisie ou l'Egypte vers l'Italie, Malte et la Grèce. Une hausse de près de 50 % des arrivées irrégulières a été recensée en 2021 par cette route, par rapport à l'année 2020. De plus en plus de personnes originaires des pays d'Afrique de l'ouest continuent en revanche de privilégier la route en direction de l'archipel des îles Canaries. L'organisation internationale pour les migrations (OIM) indique qu'entre les mois de janvier et juin 2021, 6 952 personnes en provenance de l'Afrique de l'ouest auraient rejoint cette route périlleuse vers l'archipel des Canaries.

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Source : rapport d’activité de la cellule MNA, Ministère de la Justice

Par ailleurs, en 2021, la relocalisation de 500 MNA des camps de Grèce, annoncée en 2020, s’est poursuivie. La majorité des bénéficiaires de ces programmes sont des garçons originaires d’Afghanistan, de République Démocratique du Congo, de Syrie et de Somalie, âgés entre 15 et 18 ans. Au 31 décembre 2021, 426 MNA ont été relocalisés au sein de 44 départements.

Dans le cadre de l’opération Apagan qui a permis à des personnes afghanes d’être accueillies en France à partir d’août 2021, 12 MNA sont également arrivé.e.s sur le sol français.

 

 

Pour en savoir plus :

Chaque année, la mission MNA du ministère de la Justice publie les chiffres sur le nombre de personnes déclarées MNA en France. Rapport d’activité disponibles ici.