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Libye : fuite massive des immigrés

rfi

Les évacuations de Libye se poursuivent de façon massive. De nombreux pays du Sud comme la Chine, l’Inde, la Thaïlande, l’Egypte ou bien encore la Tunisie ont une importante communauté travaillant dans le pays. Ces immigrés représentent un tiers de la population en Libye.


La Chine a annoncé, lundi 28 février 2011, avoir déjà évacué près de 29 000 de ses ressortissants, soit la grande majorité d’entre eux. Plusieurs ferries sont arrivés en Crète, dans le port d’Héraklion à leur bord des milliers de Chinois, en transit. De l’île grecque, ils devraient rejoindre Pékin par avion. Les évacuations se font aussi via une autre île méditerranéenne, Malte. Pour assurer la protection des ferries, le gouvernement chinois a utilisé un navire de guerre. Il a également mis en place des vols spéciaux entre les deux îles et Pékin.

Les derniers Chinois toujours présents en Libye ont été convoyés par voie terrestre vers la Tunisie et les Emirats arabes unis. Si l’on en croit le ministre des Affaires étrangères, 2 500 Chinois ont déjà été rapatriés vers leur pays. A l’image de Pékin, de nombreuses autres capitales ont commencé à organiser le retour de leurs ressortissants de Libye en dépêchant sur place des avions militaires.

Des évacuations d’urgence

Plus de 38 000 personnes, essentiellement des Tunisiens et des Egyptiens, ont également fui la Libye vers la Tunisie, par le principal point de passage frontalier de Ras Jedir. Autres pays à avoir procédé à des évacuations d’urgence : la Turquie et l’Inde qui comptent respectivement 25 000 et 18 000 ressortissants dans le pays.

La Libye compte officiellement 6,5 millions d’habitants. La main d'œuvre étrangère représente un tiers de la population, les plus nombreux étant les Egyptiens, les Tunisiens, les Chinois et les Indiens. Si l’Union européenne, la Chine, la Turquie ou encore les Etats-Unis ont mis en place des programmes pour évacuer les leurs ressortissants par bateaux, de nombreux immigrés africains, notamment du Tchad, du Niger, du Cameroun, du Mali, du Burkina Faso ou encore du Ghana, n’ont reçu aucune aide de leur gouvernement.

Chasse aux immigrés clandestins

Ces immigrés africains, en majorité des clandestins, n’ont également pas les moyens de financer leur départ de Libye. L’Organisation internationale des migrations qui a rapatrié 800 Nigériens vers leur pays, demande une aide de 11 millions de dollars pour porter assistance à ces réfugiés qui vivent dans la peur. « Ces Africains sont particulièrement en danger car ils sont soupçonnés d’être des mercenaires engagés par le régime Kadhafi pour réprimer la révolte populaire », explique Antonio Guterres, le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés. D’autant que par le passé, les Africains ont déjà été victimes de violences dans le pays. En 2000, des émeutes xénophobes ont causé la mort d’une centaine d’étrangers. Des expulsions massives avaient alors suivies ces émeutes.

En 2007 également, la Libye a expulsé près de 60 000 ressortissants d’Afrique noire. Rappelons que la Libye est également l’une des principales plaques tournantes de l’immigration africaine vers l’Europe. Depuis 2009, l’Italie a demandé à Tripoli de mieux contrôler ses côtes pour empêcher que les migrants illégaux de débarquer sur la péninsule. Entre 2009 et 2010, les débarquements de migrants clandestins sur les côtes italiennes ont diminué de 90%. D’où l’inquiétude des pays européens, l’Italie en tête, qui redoutent un afflux massif d’immigrés en cas de chute du colonel Kadhafi.

RFI, le 28/02/2011