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Le téléphone de la demande d’asile ne répond pas (ou peu)

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Seuls 10 % des appels des demandeurs d’asile pour obtenir un rendez-vous afin d’enregistrer leur demande sont traités, selon des chiffres de la région communiqués par la Cimade.

Le téléphone de l’asile sonne souvent dans le vide. Depuis mai 2018, en région parisienne, où se concentre plus de la moitié de la demande d’asile en France, les personnes migrantes doivent appeler une plate-forme téléphonique pour obtenir un rendez-vous afin d’enregistrer leur demande. Ce procédé spécifique à l’Ile-de-France a été créé notamment pour éviter les files d’attente physiques sur les trottoirs parisiens. Or, seuls 10,8 % des appels sont traités par la centrale, selon des chiffres de la région communiqués par la Cimade, jeudi 18 avril.

Pour obtenir ce chiffre, la Cimade a comparé les 571 115 appels passés à la plate-forme entre mai et décembre 2018 aux 61 957 appels effectivement traités par les agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), qui pilote le dispositif. Plusieurs appels peuvent avoir été passés par une même personne qui tente à répétition et en vain de joindre la plate-forme.

A l’arrivée, le délai moyen pour enregistrer une demande d’asile est de treize jours ouvrés, calcule la Cimade qui souligne les conséquences pour les personnes « livrées à elles-mêmes sans ressource et sans hébergement », au moment où plusieurs centaines de migrants dorment dans la rue dans le nord de Paris, aux abords du périphérique. Pour l’association, cet encombrement s’explique par le manque de moyens alloués par l’Etat à la plate-forme, mais aussi par le nombre insuffisant de rendez-vous disponibles en préfecture pour orienter les demandeurs d’asile.

 

« Concentration des gens à Paris »

 

« Malgré tout, la plate-forme téléphonique a amélioré l’accès à la procédure, relativise Pierre Henry, le directeur général de France terre d’asile. Pour baisser la pression, il faudrait augmenter le nombre de rendez-vous disponibles en préfecture et élargir le dispositif au territoire national, sinon la concentration des gens à Paris s’accélérera. »

« Le problème dans Paris, ce n’est pas tant l’accès à la demande d’asile, se défend Didier Leschi, directeur de l’OFII, que le maintien sur le trottoir de gens qui ont le statut de réfugié et de demandeurs d’asile qui sont déjà dans la procédure », mais qui n’ont pas de toit. Aujourd’hui, seul un demandeur d’asile sur deux est hébergé dans le dispositif national d’accueil prévu à cet effet.

L’OFII, qui gère ces hébergements, s’efforce d’ailleurs d’essayer d’en faire sortir les personnes qui n’en relèvent plus : celles dont la situation est de la responsabilité d’un autre Etat membre de l’UE, en vertu du règlement de Dublin, celles qui ont été déboutées de leur demande d’asile en France et celles qui ont obtenu le statut de réfugié mais qui doivent basculer dans du logement de droit commun.

 

Le Monde, par Julia Pascual le 19/04/2019

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