Main menu

Migrants : le Parlement européen dote l'agence Frontex de nouveaux moyens

les echos

Les eurodéputés ont accordé mercredi des moyens accrus à l'agence européenne de garde-frontières. En accord avec les gouvernements des Etats-membres, Frontex sera dotée de 10.000 hommes en 2027 pour mieux protéger les frontières et faciliter les retours des migrants illégaux. Ce texte constitue la seule avancée de la politique migratoire des Vingt-sept, toujours divisés sur le partage du fardeau des migrants.

 

Le Parlement européen a approuvé mercredi un nouveau  renforcement de l'agence Frontex, dont les moyens et l'éventail de missions de soutien aux Etats dans la protection des frontières n'ont pas cessé de grandir depuis la crise migratoire de 2015. A un moment où les populations réclament une meilleure protection des frontières de l'Europe, le nouveau dispositif qui a été accepté dans les mêmes termes par les ministres de l'Intérieur des Etats membres prévoit que Frontex disposera d'ici à 2027 d'un corps permanent de 10.000 garde-frontières et garde-côtes. Une réserve de 

Les Etats et le Parlement ont revu à la baisse les ambitions de la Commission européenne qui proposait de fixer l'échéance à 2021 : cet objectif a été jugé « matériellement impossible » à réaliser dans ces délais. La montée en puissance se fera en deux temps : 5.000 hommes en 2021 (ils sont aujourd'hui 1.300) et 10.000 à l'horizon 2027. Frontex gagne au passage le droit d'embaucher ses propres agents : 1.000 sur 5.000 en 2021, le reste étant fourni par les Etats.

 

Inflexibles sur la souveraineté

Point crucial pour toutes les capitales, les missions de Frontex, qu'il s'agisse de protection des frontières ou d'aide au retour des migrants illégaux, restent conditionnées à une demande des pays membres. « Les Etats conservent la responsabilité première de la gestion de leurs frontières » note le texte, y compris si ces derniers se montrent déficients à contrôler et à enregistrer les entrées de migrants. L'Italie et l'Espagne se sont montrées particulièrement inflexibles sur l'exercice de leur souveraineté.

Les gouvernements européens auraient aimé que Frontex puisse également intervenir dans des pays tiers. L'agence les aide déjà à  renvoyer les déboutés du droit d'asile et les migrants économiques illégaux vers leur pays d'origine. Elle a contribué l'an dernier au retour de 15.000 des 150.000 expulsions de l'Union européenne. Pour éviter que se concentre aux portes de l'Europe une trop forte pression des migrants, l'idée était d'aider la Libye ou d'autres pas africains de transit à renvoyer chez eux les migrants illégaux. Mais le Parlement a refusé d'avaliser cette stratégie.

 

Avancée unique

Ce texte sur la protection des frontières constitue, à l'heure du bilan, l'unique avancée de la politique migratoire européenne. Les autres propositions de la Commission qui a tenté ces dernières années de construire une politique d'asile cohérente et solidaire, sont dans l'impasse. Harmonisation du droit d'asile géré par une agence européenne, réforme du  règlement de Dublin avec l'organisation d'une plus grande solidarité entre Etats, réforme de la directive Retour, fonctionnement de  la zone de libre circulation Schengen : toutes ces réformes achoppent sur des divergences entre Etats membres sur l'équilibre à trouver entre responsabilité et solidarité. Les lourds enjeux politiques qui se cachent derrière ces débats empêchent tout compromis avant les élections européennes de la fin mai. Le seul texte qui aura trouvé grâce aux yeux des gouvernements est celui qui touche à la sécurisation des frontières, la lutte contre les trafiquants et le retour des migrants dans leur pays d'origine.

 

Les Échos, par Catherine Chatignoux, le 17/04/2019

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir