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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
Du 16 janvier au 31 janvier 2021

Alors que le gouvernement grec a confirmé que le camp provisoire de Kara Tepe, sur l’île de Lesbos, est en partie contaminé au plomb, plusieurs ONG réclament l’évacuation et le transfert des migrants dans des installations adaptées.

 

Article_Grèce_contamination_c_UNHCR_Achilleas_Zavallis.jpg© UNHCR/Achilleas Zavallis

Dans un communiqué du 23 janvier, le ministère grec des Migrations et de l'asile a détaillé les résultats des analyses d'échantillons de sol effectuées fin novembre 2020, qui révèlent que le camp de « Kara Tepe – Mavrovouni », sur l’île de Lesbos, est en partie contaminé au plomb.

Une concentration de plomb supérieure aux normes a ainsi été détectée dans une partie non-habitée du camp, ayant cependant servit de logement temporaire pour les migrants suite à l’incendie qui a ravagé le camp de Moria en septembre 2020. Cette partie sert actuellement de bureaux utilisés par les ONG, où les migrants, adultes et enfants, se rendent quotidiennement.

Construit à la hâte sur un ancien terrain militaire, les nombreuses balles et douilles contenant du plomb ont infecté le sol du camp. Selon Belkis Wille, chercheur à Human Rights Watch, « le gouvernement grec a sciemment construit un camp de migrants sur un champ de tir » et «  ferme les yeux sur les risques potentiels pour la santé des résidents et des travailleurs ». Les fortes pluies souvent présentes dans la région pourraient notamment déplacer cette concentration de plomb sur les autres sols à proximité, rendant dès lors nécessaires des tests supplémentaires.  

En réaction, le ministère grec des Migrations et de l'asile a annoncé, le 24 novembre dernier, l'ouverture d'une enquête par une commission d'experts constituée par le Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO), et a affirmé que des travaux seront réalisés pour protéger les migrants de la contamination, notamment par l'ajout d'un nouveau sol, de gravier et d'une base de ciment.

Les ONG réclament néanmoins, dans une déclaration commune du 26 janvier, « l'évacuation immédiate du camp et le transfert des demandeurs d'asile dans des installations appropriées ». Les associations exigent également des informations transparentes et exactes concernant les analyses afin d’apporter une solution le plus rapidement et justement possible aux résidents et travailleurs du camp.

Le 28 janvier, le ministre grec des Migrations et de l'asile, Notis Mitarakis, a continué de minimiser les conséquences de cette contamination affirmant qu’« il est très clair qu'il n'y a pas de problème avec le plomb dans la zone résidentielle. Le problème se situe en dehors du périmètre ».

 

Article publié le 29/01/2021

Voici ici notre dernier article publié le 11/12/2020 sur l’accord entre l’Union européenne et la Grèce pour construire un nouveau camp sur l’île de Lesbos.

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