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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 29 février 2020

Le début du mois de février 2020 a été marqué par des manifestations sur l’île de Lesbos, organisées à la fois par des citoyens grecs et des demandeurs d’asile résidant dans le camp de Moria, mécontents de la politique migratoire des autorités nationales helléniques.

 

Article Grèce c philmikejones

© philmikejones

 

C’est dans la continuité des mouvements de contestation organisés au mois de janvier que plusieurs manifestations se sont déroulées sur l’île de Lesbos au début du mois de février. Le 3 février, ce sont plus de 2 000 réfugiés et personnes migrantes hébergés dans le camp de Moria qui ont marché vers la capitale de l’île, Mytilène, pour dénoncer les conditions de vie inhumaines au sein du camp, mais aussi pour demander un examen rapide de leurs demandes d’asile qu’il attendent depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Des tensions ont alors éclaté avec la police, celle-ci n’ayant pas autorisé le groupe à pénétrer dans la ville. Le lendemain, ce sont les habitants de l’île de Lesbos qui se sont mobilisés devant un bâtiment gouvernemental à Mytilène pour demander à Athènes des « réponses rapides et efficaces » aux problématiques liées à la surpopulation du camp.

 

En réponse, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a annoncé le lancement immédiat de la construction de centres d’accueil fermés pour demandeurs d’asile sur cinq îles de la mer Égée, comme prévu depuis novembre 2019. Cette annonce a été très mal reçue par les autorités et populations locales qui, s’opposant depuis des mois à un tel projet, ont appris le 10 février qu’une loi serait adoptée pour autoriser l’acquisition de propriétés et de terrains privés grâce à l’expropriation des habitants pour faciliter la construction de ces structures.

 

Le Conseil de la région d’Égée-Septentrionale a déposé un recours en justice dès le lendemain pour empêcher les expropriations et une nouvelle manifestation d’opposants au projet, soutenue par les autorités municipales et régionales, a été organisée à Athènes le 13 février. Face à ces protestations, le ministre des Migrations et de l’asile, Notis Mitarakis, a annoncé le 17 février qu’il suspendait temporairement la construction des centres, laissant une semaine aux autorités locales pour lui proposer des solutions alternatives. Il a également déclaré qu’il était ouvert au compromis quant à l’emplacement choisi pour l’édification de telles structures.

 

Voir ici notre dernier article sur la Grèce publié le 04/02/2020

 

Article publié le 19/02/2020