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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
Du 16 au 31 janvier 2020

Bombardements, recrutements forcés par les groupes armés, assassinat de deux demandeurs d’asile… Alors que la Libye reste considérée comme un pays « non-sûr » par l’ONU, 953 personnes migrantes y ont été renvoyées au cours des deux premières semaines de 2020.

 

Article Libye c OIM

© Organisation internationale pour les migrations

 

Fuyant la résurgence des combats qui ont fait 284 morts et 363 blessés parmi les civils en 2019, plus de 1 000 personnes ont quitté les côtes libyennes et tenté la traversée de la Méditerranée entre le 1er et le 14 janvier 2020 selon l’Organisation internationale pour les migrations. Parmi elles, 953 personnes – dont 136 femmes et 85 enfants – ont été interceptées et renvoyées vers Tripoli par les garde-côtes libyens, alors qu’aucune n’avait fait l’objet d’un retour à la même période en 2019. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), un homme soudanais aurait également été tué par les forces libyennes le week-end du 11 et 12 janvier.

Le 10 janvier, le HCR annonçait pourtant « qu’aucun lieu sûr n’existait actuellement à Tripoli pour les réfugiés et demandeurs d’asile », soulignant que plusieurs bombardements avaient notamment eu lieu début janvier à proximité de son Centre de rassemblement et de départ (CRD), situé dans la capitale libyenne. Alors que le centre avait vocation à loger les réfugiés vulnérables destinés à être évacués hors de Libye, le HCR ne parvient plus à y assurer ses missions dans de bonnes conditions et incite ses résidents à partir, sur la base du volontariat. Des centaines de personnes révèlent néanmoins subir de fortes pressions pour le quitter, malgré l’insécurité qui règne dans la ville, comme l’illustre l’assassinat le 9 janvier à leur domicile de deux demandeurs d’asile érythréens enregistrés auprès de l’agence onusienne, dix jours après avoir quitté le CRD. Vincent Cochetel, Envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, révèle que certaines personnes migrantes détenues dans des centres fermés, majoritairement des Soudanais, sont en outre exploitées par les différents groupes armés du pays, forcées de choisir entre « rester dans le camp pour une période inconnue ou être envoyées sur le front pour se battre ».

Afin d’éviter ces drames, le HCR a réitéré son appel à ouvrir plus de places de réinstallation afin d’accélérer l’évacuation des migrants hors de Libye, vers les centres du Niger ou du Rwanda, ainsi que vers l’Europe. Le 19 janvier, des représentants de l’ONU, de l’Union européenne, de l’Union africaine et certains pays tels que la France ou l’Italie ont par ailleurs rencontré les belligérants libyens à Berlin afin de négocier un « processus de paix durable » pour, notamment, « empêcher de nouveaux déplacements forcés de Libyens et permettre un meilleur soutien aux réfugiés et migrants bloqués en Libye ».

Voir ici notre dernier article publié le 25/10/2019 sur la situation en Libye.

Article publié le 21/01/2020