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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 janvier 2020

Au cours de l’année 2019, 3 309 personnes migrantes et demandeuses d’asiles sont arrivées par la mer sur l’île de Malte – contre 1 445 en 2018, une évolution sans précédent à laquelle les autorités nationales peinent à faire face.

 

Article Malte c UNHCR Anna Camilleri
© UNHCR/ Anna Camilleri


Selon Kahin Ismaïl, le Représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dans le pays, le gouvernement maltais et son armée sont parvenus, grâce à l’action des garde-côtes, à mettre en place une politique efficace de recherche et de sauvetage des personnes en détresse dans leurs eaux territoriales. Le 7 janvier, la justice maltaise a par ailleurs décidé d’annuler la condamnation du capitaine du navire de sauvetage de l’association allemande Mission Lifeline, reconnu coupable il y a plusieurs mois d’entrée illégale dans les eaux territoriales maltaises. Le bateau, qui avait secouru 200 personnes avant l’arrestation de son capitaine en juin 2019, a donc été autorisé à repartir en mission début janvier 2020.

Ce tableau a cependant été noirci par les accusations portées par les organisations Sea-Watch et Alarm Phone à l’encontre des autorités maltaises, pointées du doigt pour avoir ignoré le signalement d’une embarcation de 41 personnes en perdition au large de l’île le 9 janvier. Le même jour, un incendie – présumé d’origine criminelle – a eu lieu au sein du centre de rétention de Marsa, nombre de ses 1 400 résidents dénonçant le surpeuplement et les mauvaises conditions de vie qui y existent, comme le condamnait déjà le HCR après une visite d’observation. En effet, en 2019, le gouvernement a décidé de réintroduire la détention automatique des demandeurs d’asile dans le pays, ce qui n’était plus le cas depuis 2015 : les primo-arrivants sont donc systématiquement enfermés pour une durée initiale de deux semaines, notamment pour réaliser des contrôles sanitaires. En réalité, selon le HCR, la détention se prolonge généralement pendant plus de cinq mois, au cours desquels les demandeurs d’asile, dont de nombreux mineurs non-accompagnés, sont privés de leurs effets personnels ainsi que de la possibilité d’aller et venir sur le territoire.

En réponse à ces accusations, Michael Farrugia, le ministre de l’Intérieur maltais, a reproché aux autres États membres de l’Union européenne d’avoir refusé de relocaliser des personnes secourues en mer, menant à la saturation des centres d’accueil de l’île. Lors de l’incendie du centre de Marsa, le HCR s’est rallié à la position du gouvernement, appelant les États membres de l’Union à mettre en place une « solidarité et une assistance pratique […], y compris [avec] la mise en place de mécanismes prévisibles et efficaces pour le débarquement et la relocalisation des demandeurs d’asile ».

Article publié le 14/01/2020

Voir ici notre dernier article de juillet 2019 sur l’attitude des autorités maltaises en mer Méditerranée.