Main menu
Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 mars 2020

De nombreux citoyens et organisations non gouvernementales (ONG) spécialisées dans la protection des droits de l’homme ont manifesté leur désaccord avec les politiques du gouvernement grec et de l’Union européenne (UE) en réponse à l’ouverture de la frontière turque.

 

Société Civile c Jörn Neumann

Jörn Neumann Des enfants aux abords du camp de Moria, sur l’île grecque de Lesbos

 

Depuis la décision du président turc le 28 février dernier de ne plus retenir les personnes migrantes dans son pays, le gouvernement hellénique a mis en place des mesures, soutenues par l’UE, visant à renforcer la sécurité aux frontières et à dissuader au maximum les exilés d’entrer sur son territoire. Cette situation ne laisse pas les citoyens européens indifférents : le 5 mars, à Athènes et Thessalonique, de nombreux grecs ont par exemple participé à des marches en soutien aux personnes migrantes. Deux jours plus tôt, 3 000 personnes se rassemblaient à Berlin pour exiger de la chancelière Angela Merkel qu’elle soutienne l’ouverture des frontières extérieures de l’UE. En Turquie, après que de nombreux citoyens ont critiqué l’instrumentalisation, par le président Recep Tayyip Erdoğan, des personnes migrantes comme outils de pression diplomatique, le bureau du gouverneur d’Istanbul a interdit jusqu’au 10 mars toute réunion, manifestation ou pétition s’opposant aux interventions armées du régime en Syrie.

 

Plusieurs ONG ont également dénoncé les abus physiques et moraux ainsi que les refoulements qui ont été perpétrés par les garde-frontières et les garde-côtes du côté grec. Une coalition de 16 organisations – dont l’Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme ou encore Sea-Watch –  se sont par exemple engagées le 5 mars à se documenter sur les violations des droits des migrants et des réfugiés à la frontière gréco-turque, pour ensuite porter plainte contre les responsables. Selon elles, « les agents grecs ont déployé un niveau de violence inédit […] et les principes de base du droit d’asile sont foulés au pied ».

 

Par ailleurs, dans une autre lettre conjointe diffusée le lendemain, 85 ONG grecques et internationales ont fermement condamné les violences commises par d’autres citoyens, mécontents de l’arrivée de nouveaux demandeurs d’asile en Grèce, envers des membres d’associations d’aide aux réfugiés. Face à cette colère – un centre d’accueil géré par une association suisse a même été incendié le 7 mars –, leur travail sur le terrain est devenu quasi impossible, particulièrement sur l’île de Lesbos. Estimant être victimes d’attaques de groupes fascistes, certaines des organisations y intervenant ont pris la décision de suspendre leurs activités dès le 3 mars. Elles exigent désormais une prise en charge immédiate des personnes migrantes par le gouvernement grec et rappelle à l’UE ses responsabilités quant à la protection des personnes en situation de migration, en particulier les plus vulnérables, comme les enfants. L’inaction du bloc dans ce domaine a également été dénoncée, le 4 mars, par 65 organisations de toute l’Europe, qui ont appelé les États membres à déplacer d’urgence les quelques 1 800 mineurs isolés qui vivent dans les hotspots des îles grecques.

 

Article publié le 10/03/2020