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Carcassonne : une famille tchétchène à la rue

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Ils sont arrivés à Carcassonne le 17 janvier dernier, mais c'est comme si leur voyage depuis la Tchétchénie ne s'était jamais terminé. Depuis qu'ils ont demandé l'asile à la France, le 20 janvier, le temps s'est arrêté. Ils n'ont pas obtenu de réponse, et encore moins de papiers. Du coup, ils sont toujours sous la menace d'une reconduite à la frontière.

Jusqu'à présent, le père de famille Khasmagomed (47 ans), son fils Ayoub (19 ans) et sa fille Fariza (12 ans) ont été hébergés par un réseau de proches de la Cada (Coordination audoise du droit d'asile). 

« On trouvera peut-être une solution pour la nuit prochaine mais ça ne pourra pas durer. Et il n'y a pas de possibilité de logement d'urgence », déplore Charles Feurich, bénévole de la Cimade à Carcassonne. Depuis 1997, il s'efforce d'aider les étrangers sans papiers dans leurs démarches administratives. Et visiblement, il y a du boulot.

Hier matin, il a accompagné le père et ses deux enfants à la direction départementale de la cohésion sociale, dont les locaux sont situés à la Cité administrative.   « On leur a dit qu'on ne pouvait rien faire pour eux pour l'instant », déplore Charles Feurich.

Des réunions infructueuses

« Nous avions pourtant eu trois réunions avec M. Zingraff (secrétaire général de la préfecture), concernant l'hébergement des demandeurs d'asile, en 2009 et 2010, souligne Benoist de Tarlé, adhérent de France terre d'asile, qui aide les étrangers sans papiers depuis trois ans.   Le 10 janvier dernier, on avait de nouveau rencontré la direction départementale de la cohésion sociale en préfecture, mais la situation n'a guère évolué ».

  « Depuis quelques années, et la suppression de la plateforme d'accueil des étrangers, la situation n'a cessé d'empirer », constate Charles Feurich.

Hier matin, la famille Soulouiev est donc revenue au Lieu ressources, près du Dôme, dans les locaux de la Cimade. Charles Feurich les a réconfortés avant de donner un peu d'argent au père de famille, pour acheter de la nourriture, mais aussi de l'insuline. Ayoub, le fils (19 ans), est en effet diabétique et n'a plus de médicaments. La petite fille, Fariza (12 ans), garde le sourire malgré les difficultés.

Ils ont fui un pays ruiné par la guerre

Sa mère Jannat (45 ans) et sa grande sœur Makka (21 ans) doivent pourtant lui manquer, comme tous les amis qu'elle avait dans son pays. Mais tous trois ont décidé de venir en France, à Carcassonne, où de nombreuses familles issues des pays du Caucase ont trouvé refuge ces dernières années, fuyant un pays ruiné par la guerre. Mais ils n'en connaissent aucune, et ne parlent pas français.  « Ils n'ont personne », résume Charles Feurich.

  « Grâce à des interprètes russes, nous avons compris que le voyage depuis la Tchétchénie leur avait coûté 5 000 à tous les trois ». Et il en faudrait presque autant pour faire venir la mère et la grande fille. Pour les Soulouiev, la galère ne fait que commencer.

L'Indépendant, le 05/02/2011