fbpx
Main menu

Jeunes migrants : le test osseux sous les feux de la critique scientifique

le monde logo

 

Pour déterminer si un migrant est mineur ou pas, les autorités judiciaires peuvent ordonner une évaluation par radiographie. Mais celle-ci, peu précise, est récusée par les spécialistes médicaux. Le Conseil constitutionnel est appelé à trancher.

 

Les réponses de Moussa (son prénom a été changé) sont laconiques, son regard est fuyant lorsqu’il témoigne au sujet de l’examen radiologique de la main auquel il a dû se soumettre, sur demande du juge des enfants. Il faut lui arracher les mots, sans que l’on parvienne à cerner si ce mutisme provient de sa défiance, de sa difficulté à s’exprimer en français ou d’une volonté d’en dire le moins possible. Avec ses cheveux soigneusement rasés, sa joie à l’évocation de son frère jumeau retrouvé porte de la Chapelle, à Paris, quelques semaines auparavant, et son impatience d’aller rejoindre les autres jeunes migrants hébergés dans cet hôtel de la région parisienne par Médecins sans frontières, ce jeune Malien ressemble à n’importe quel autre adolescent.

Mais quel âge a-t-il vraiment ? Son destin, comme celui de tout migrant se déclarant mineur à son arrivée en France, est suspendu à cette question que les autorités judiciaires sont chargées de trancher. Et les résultats du test osseux, dont l’usage dans ce contexte est pourtant sous les feux de la critique, doivent servir à étayer la décision du juge.

Moussa, qui raconte être arrivé en France par la voie du Maroc au printemps 2018, affirme être âgé de 15 ans et avoir perdu ses papiers d’identité. Mais il n’a pas été cru et a été débouté de sa première demande de reconnaissance de minorité auprès du dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie) de la Croix-Rouge, mandatée pour cette mission en Ile-de-France. D’où son recours auprès du juge des enfants, avec le soutien de Médecins sans frontières, qui vient de lancer un programme visant à accompagner les jeunes migrants durant cette procédure.

 


Sérieuses réserves

L’enjeu est de taille. S’il est reconnu mineur, Moussa doit bénéficier, selon la convention internationale des droits de l’enfant de 1989 et le code de l’action sociale et des familles, des mêmes droits que n’importe quel enfant en danger.

Lire la suite

 

 

Le Monde, par Catherine Mary, publié le 21/02/2019 à 13h23