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Les Français de plus en plus sceptiques face à l'immigration

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Une enquête d'opinion, réalisée par le German Marshall Fund, et intitulée "Transatlantic Trends-Immigration", actualise les réactions des Occidentaux sur les conséquences économiques de l'immigration et de l'intégration.

L’immigration est plus considérée comme un problème que comme une chance pour le pays d’accueil, selon la dernière étude du German Marshall Fund sur le phénomène, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis et au Canada. En Europe, les Français sont parmi les plus sceptiques sur les bienfaits de l’immigration. Ainsi, selon l’enquête, seulement 38% des personnes interrogées considèrent que l’immigration est une chance pour l’Hexagone. En 2008-2009, ils étaient encore 50%. Cette méfiance envers l’immigration s’illustre encore par le fait que 40% des sondés pensent qu’une immigration illégale continue va de pair avec une hausse de la criminalité, alors qu’ils n’étaient que 24% en 2009.

La proportion de Français estimant que les immigrés travaillent dur est passée de 74% en 2009 à 53 % en 2010, soit une baisse de 21%. En outre, parmi les personnes au chômage en Europe, 43% estiment que les immigrés confisquent des emplois au détriment des natifs. Cependant, le chiffre monte jusqu’à 63% aux Etats-Unis…. De plus, 58% des Français voient dans l’immigration un enrichissement pour la culture de leur pays. Ils étaient cependant 68% à le penser en 2009. Enfin, la France est l’un des rares pays à ne pas percevoir plus négativement l’intégration des immigrés musulmans (45%) que celle des immigrés dans leur ensemble (44%).

L’intégration des enfants d’immigrés musulmans est perçue favorablement à plus de 50% en Amérique du Nord et en Italie, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, tandis qu’elle est de 50% en France et de moins de la moitié en Espagne et en Allemagne.

Echec des politiques gouvernementales

C’est sans doute, et encore plus aux Etats-Unis qu’en Europe, un contexte de chômage élevé (dont les Américains n’ont pas l’habitude) qui explique en partie la méfiance généralisée vis à vis de "l’autre". A cela s’ajoute la crainte toujours présente d’un militantisme islamique qui serait lui aussi le fruit de cette immigration, dont une partie important, notamment en Europe, vient des pays musulmans. Pas étonnant, dans ces conditions, que la majorité des personnes interrogées désapprouve les politiques menées par leur gouvernement en matière d’immigration. Cette proportion s’élève ainsi à 73% aux Etats-Unis, à 70% au Royaume-Uni, à 61% en Espagne et, enfin, à 58% en France.

La Tribune, le 08/02/2011