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M. Guéant veut réduire de moitié l'immigration professionnelle

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Une circulaire aux préfets fixe de nouveau critères draconiens pour délivrer des autorisations de travail aux étrangers.
 
Il y a l'objectif et la méthode pour y parvenir. Mardi, réunissant à huis clos les préfets de tous les départements, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a fixé le niveau auquel doit être ramenée l'immigration légale en France. «Nous devons collectivement tendre vers une réduction de moitié des cartes de salariés», a-t-il déclaré, ajoutant que «l'objectif du gouvernement est de réduire, sur l'année qui vient, le flux d'immigration légale à 20.000 titres.» Le ministre a, dans la foulée, transmis à ses préfets une circulaire que Le Figaro a pu se procurer. Cosigné avec Xavier Bertrand, ministre du Travail, ce document sur la «maîtrise de l'immigration professionnelle» fournit la nouvelle grille de lecture pour accorder ou refuser à un étranger son permis de séjourner sur le territoire national sous le statut de travailleur.

«Compte tenu de l'impact sur l'emploi de l'une des crises économiques les plus sévères de l'histoire», écrivent les ministres, il faut désormais privilégier «une approche qualitative et sélective». «La priorité doit être donnée à l'insertion professionnelle des demandeurs d'emploi aujourd'hui présents, qu'ils soient de nationalité française ou étrangère, résidant régulièrement en France», prennent-ils le soin de préciser.

Vigilance

Suit un catalogue de conditions pour se voir attribuer une autorisation de travail, draconiennes, surtout si le demandeur est peu qualifié. «Ces directives visent, notamment, à protéger les migrants contre toutes les formes d'exploitation», s'empressent d'indiquer les ministres.

Ainsi, le refus sera systématique pour l'employeur qui fera au nom d'un salarié une demande d'autorisation de travail dès lors que cet employeur ne présentera pas «les garanties nécessaires pour recruter et accueillir» un travailleur étranger. Même issue négative si l'employeur a méconnu autrefois la législation du travail. Le préfet devra en outre vérifier «l'existence réelle» de la société employeuse. Celle-ci verra ses demandes refusées à la moindre entorse. Surtout si elle n'a pas procédé à une «recherche effective» dans son «bassin d'emploi» avant de recourir à la main-d'œuvre étrangère nouvelle. «Cette recherche est obligatoire», insistent les ministres, qui invitent les préfets à se montrer vigilants quand un étudiant étranger demande à passer sous statut professionnel. Trop de fraudes auraient été constatées pour des candidats surdiplômés au regard de l'emploi occupé.

Mardi, Claude Guéant assurait devant ses préfets: «Notre économie n'a pas un besoin vital d'immigration professionnelle dans tous les domaines.» Et il citait l'exemple des maçons. Selon lui, «l'an dernier, 730 maçons étrangers sont entrés sur le territoire; or, dit-il, lorsque Pôle emploi diffuse 20 offres d'emploi de maçons, il y a 100 demandeurs présents en France qui postulent. On peut faire le même raisonnement pour bien d'autres métiers, y compris pour des secteurs comme l'informatique.» Dans ces conditions, conclut le ministre «le bon sens commande de donner la priorité aux demandeurs d'emploi déjà présents en France, qu'ils soient français ou de nationalité étrangère. Et la justice recommande de veiller à leurs conditions de travail et de rémunération.»

Le Figaro, le 01/06/2011

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