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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 septembre 2020

Le président de la région Sicile, Nello Musumeci, a publié le 23 août un arrêté de fermeture de tous les hotspots et les centres d’accueil de migrants sur l’île qui ne respecteraient pas les réglementations sanitaires, avec l’objectif de faire transférer les primo-arrivants sur le continent. Rapidement, le gouvernement central italien a contesté la validité de cette mesure et la justice a statué pour sa suspension immédiate.

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« Aprite i porti » : «ouvrez les ports », message affiché en 2018 à Palerme (Sicile)
© Itmost

 

L’argument sanitaire officiellement invoqué pour justifier l’arrêté est intervenu une semaine après une augmentation du nombre de cas de coronavirus dans le hotspot de Pozzallo en Sicile. Le préfet de Raguse, Filippina Cocuzza, avait annoncé le déploiement de militaires dès le lundi 17 août pour s’assurer du strict respect de la quarantaine.

Pourtant, lorsqu’il avait annoncé pour la première fois sur ses réseaux sociaux la publication de l’arrêté, Nello Musumeci, président conservateur de Sicile depuis 2017, n’avait pas évoqué le risque sanitaire. Il affirmait que la Sicile ne pouvait pas « continuer à subir cette invasion de migrants », et regrettait que le gouvernement national ait « décidé de ne pas mettre en œuvre les décrets en vigueur et de ne pas fermer les ports ».

Le texte prévoyait d’interdire à tout migrant « d’entrer, de transiter et de faire escale sur le territoire de la région sicilienne avec des embarcations, grandes et petites, y compris celles des ONG ». Cette demande de transfert des migrants depuis la Sicile vers le continent a reçu le soutien public de Matteo Salvini qui a exprimé sa « solidarité maximale » envers le président sicilien.

Dans les jours qui ont suivis, le ministère italien de l’Intérieur a souligné l’invalidité de cette mesure régionale et le gouvernement central a officiellement contesté la décision en s’engageant à bloquer l’initiative des autorités siciliennes.

Après un recours de N. Musumeci auprès du tribunal, la justice italienne a rejeté l’arrêté au motif que les mesures annoncées dépassaient « le cadre des compétences conférées aux régions ». Le tribunal administratif de Sicile a en conséquence ordonné la suspension immédiate de l’arrêté.

 

Article publié le 04/09/2020