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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 juin 2019

À la dérive depuis le 12 juin après un sauvetage au large de la Libye, la capitaine du Sea-Watch 3 a décidé d’accoster de force sur l’île italienne de Lampedusa dans la nuit du 28 au 29 juin pour y débarquer les 40 migrants encore à son bord. Arrêtée immédiatement par les autorités italiennes, elle sera présentée le 1er juillet devant le juge d’instruction d’Agrigente en Sicile.

 

Article Italie c Sea Watch© Sea Watch

 

Pour être allée à l’encontre des injonctions de la police douanière et financière qui lui demandait de ne pas entrer dans les eaux territoriales italiennes, la capitaine du Sea-Watch 3, Carola Rackete, encoure 50 000 euros d’amende et la saisie du bateau, des mesures prévues par le décret sécurité « bis » entré en vigueur début juin. Elle risque en outre entre cinq et quinze ans de prison pour avoir favorisé « l’immigration clandestine » et dix ans pour « résistance à un navire de guerre ». Le parquet d’Agrigente a ainsi annoncé le 28 juin qu’une enquête était ouverte concernant ces deux chefs d’accusation. Le « Garant des droits des personnes enfermées » a quant à lui déposé une plainte auprès du parquet de Rome appelant à statuer sur les éventuelles violations des droits humains dont se serait rendue coupable l’Italie en bloquant le navire.

D’après la presse italienne, la France, l’Allemagne, le Luxembourg, la Finlande et le Portugal se sont portés volontaires pour accueillir les personnes secourues. Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur français a confirmé être prête à en accueillir dix d’entre elles. La capitaine du navire a quant à elle déclaré : "Je suis prête à aller en prison pour cela et à me défendre devant les tribunaux s’il le faut parce que ce que nous faisons est juste". Plusieurs cagnottes ont par ailleurs été ouvertes pour financer les frais de justice de l’ONG et du « Capitaine Carola », avec plus d’un million d’euros déjà récoltés.

Si le cas du Sea-Watch 3, particulièrement médiatisé, illustre l’immobilisme européen sur la question migratoire et a cristallisé la fureur de Salvini qui a dénoncé un « acte de guerre », les arrivées continuent à Lampedusa : près de 500 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes depuis le 12 juin, dont la moitié sur la petite île italienne.