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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 mai 2020

Une semaine après que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a assimilé l’enfermement de demandeurs d’asile dans les zones de transit hongroises à de la rétention, le gouvernement a transféré environ 280 personnes dans des centres d’accueil ouverts les 20 et 21 mai.

 

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© Martin Leveneur

 

Les zones de transit mises en place par la Hongrie à la frontière avec la Serbie en septembre 2015 constituaient jusqu’ici les seules structures du pays où il était possible de déposer une demande de protection internationale. L’unique issue pour les demandeurs d’asile qui souhaitaient en sortir était de retourner en Serbie, ce qui entrainait automatiquement le rejet de leur demande. 

 

Même si, selon le directeur de cabinet du Premier ministre Viktor Orbán, « les zones de transit protégeaient les frontières de la Hongrie », le gouvernement s’est dit être obligé de se conformer à l’arrêt rendu par la CJUE le 14 mai dernier, qui jugeait ces pratiques contraires au droit de l’Union et les qualifiait de « mesure de rétention [illégale] ». Les 20 et 21 mai, les autorités ont donc fait évacuer ces zones, où plusieurs centaines de demandeurs d’asile, dont des enfants, étaient détenus dans des conditions inhumaines, certains depuis plusieurs années. Pour Gergely Gulyás, membre du gouvernement hongrois, la fermeture de ces zones de transit apparait « risqué et préjudiciable à la sécurité de l’Europe ». 

 

Même si l’intégralité des demandeurs d’asile ont été déplacés dans des centres d'accueil, sans que des précisions n’aient toutefois été données quant aux conditions et à la durée de leur prise en charge, et que les zones de transit ont été fermées, le Comité hongrois d’Helsinki – l’ONG qui représentait 4 requérants demandeurs d’asile dans leurs poursuites judiciaires contre la Hongrie – reste préoccupé par la politique migratoire de l’exécutif hongrois.

Dans un pays où, en 2019, 91,5 % des demandes d’asile ont été refusées, le gouvernement pourrait trouver d’autres moyens pour limiter l’octroi de protections internationales. Alors que, comme l’a souligné le 22 mai le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le pays est dans l’obligation de permettre l’accès au territoire hongrois et à l’asile, conformément aux obligations internationales, le gouvernement Orbàn souhaite que les demandes de protection soient préalablement enregistrées « dans des représentations diplomatiques hongroises – consulats, ambassades – hors du territoire ». 

 

Voir ici notre article publié le 20/05/2020 sur l’arrêt de la CJUE relatif à la détention illégale de demandeurs d’asile par la Hongrie.

Article publié le 27/05/2020

 

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